« Les routines sont ce qui te maintiennent sain.e, te donnait quelque chose à faire à ce moment-ci et à ce moment-là, des endroits précis où aller, des choses positives à faire. Abandonne-les et tu deviendras fou/folle » – Ruth Rendell

Pourquoi es-tu si attaché.e à tes routines ?

Avoue-le. Alors que Mars en était encore à ses débuts, que les beaux jours pointaient le bout de leur nez et que nous profitions encore de l’insouciance d’un verre en terrasse, tu as pensé très fort : «je ne veux pas que ce foutu coronavirus vienne perturber ma charmante vie quotidienne ».

Je sais. Moi aussi.

Je profitais semaine après semaine de ce que je savais être les derniers mois de ma quatrième année d’étude et de ma dernière année à Lyon. J’avais enfin atteint le point où j’aimais chaque routine de ma vie quotidienne : les cours de sport à la salle, les soirées salsa, les midis au resto U entre potes. J’étais trop bien là où j’étais, les amis, et je voulais une seule chose, que ça continue.

Et puis en, quatre jours, tout a basculé. Les écoles ont fermé, suivi des lieux publics non essentiels à la vie du pays, et de l’annonce du confinement. J’ai quitté Lyon et mes routines avec, direction la maison de mes parents pour un confinement à durée indéterminée. Je n’avais presque jamais utilisé ce mot en 22 ans. Maintenant, je l’entends et le prononce plus de vingt fois par jour, comme toi.

Même si nous sommes une majorité à ne pas être directement infecté.e.s, nous sommes tous indirectement affecté.e.s. Le confinement a chamboulé nos vies quotidiennes. Nous évoluons chaque jour entre la peur d’attraper le virus ou de contaminer les autres, la crainte des répercussions que cette crise aura sur notre avenir et une sensation très désagréable d’être à la maison mais de ne plus nous sentir nous-mêmes

Anxiogène. C’est aussi un mot que j’utilisais très peu. Maintenant je le vois partout, et il me sort par les yeux. « Tu verrais tous ces gens qui font la gueule au supermarché… quel climat anxiogène !

« Tu verrais tous ces gens qui font la gueule au supermarché… quel climat anxiogène !

« Eteins la télé, ils ne parlent que du virus, c’est anxiogène ! »

Nous ne sommes pas tous atteints du virus, mais nous naviguons ensemble dans la mer de l’anxiété.

Bon, les premiers jours étaient fun. Avoue-le. Tu as fait un marathon Netflix, tu n’as pas mis de réveil et tu es resté.e en pyj ou en jog’ un mardi ! Et puis la deuxième semaine du confinement est arrivée. Tu t’es rendu.e compte que c’est parti pour durer, cette affaire, et tout d’un coup, tu t’es senti paumé.e.

Tu es resté.e. assis.e sur ton lit à fixer le mur pendant des plombes, incapable de te lever, n’ayant aucune idée de quoi faire ensuite. Ca y est, tu es tombé.e dans le vortex de la procrastination.

Pourquoi ?

Curieux.ses et conscient.e.s

J’ai fait un peu de recherche, et voilà ce qui en est ressorti.

Quand, tout d’un coup, tu ne peux plus faire toutes ces choses dont tu as l’habitude – comme ce verre  en terrasse avec tes potes tous les vendredis soirs pour fêter le week-end –, tu fais face à une perte de « l’expérience du soi » (self-experience).

Tes routines sont ton ancre au quotidien. Elles forment ta personnalité et dessinent l’image que tu as de toi-même. Tu es danseur/se tous les lundis soirs à la salsa, yogi tous les jeudis sur ta pause midi, pilier de bar le samedi soir, et bien plus encore.

Tu construis ton identité à travers tes interactions et tes activités quotidiennes. Tes routines t’aident à t’organiser, à être productif ou productive, et t’assurent un sentiment de continuité du soi. Les lieux que tu fréquentes, les personnes que tu vois, les activités qui sont inscrites dans ton emploi du temps te font te sentir moi-même. Tu sais à quoi t’attendre. Tu te sens stable, en sécurité, à ta place et bien dans tes baskets. 

Mon quartier à Lyon (le 7e arrondissement) est ma bulle. Mes ami.e.s vivent à deux rues, mes cafés préférés sont à quelques minutes de marche, le supermarché a toujours les sojasun noisette-amande. J’adore ma bulle. J’étais bien consciente que je n’allais pas y rester toute ma vie, mais quelques mois encore m’auraient ravie.

Et puis, boom. Corona, rentre chez toi et ne sors pas. En quatre jours, nos routines ont été mises sens-dessus-dessous, et nous aussi. Lorsqu’on nous enlève nos ancres, nous nous sentons frustré.e.s, bizarres, pas comme d’habitude. En perdant nos repères, nous perdons une partie de nous-mêmes. C’est d’autant plus déstabilisant que ce changement n’est pas motivé par un choix venant de nous, mais par un choc extérieur. Et quel choc !

En plus, tu ne sais même pas quand tu pourras de nouveau « revenir à la normale ». Et ça te stresse, car tu fais partie d’une espèce accroc aux agendas et aux évènements avec une date de début et de fin. Normalement, tu sais approximativement à quoi vont ressembler tes prochains mois. A présent, impossible de prédire si la fête de la musique 2020 sera seulement faite de nos applaudissements collectifs à 20h.

Cette perte de l’expérience de soi se matérialise différemment chez chacun. Certains cherchent à garder la maîtrise de leurs journées avec un emploi du temps du combattant pour se rassurer et se sentir en contrôle. D’autres prévoient tous les scénarios possibles et inimaginables pour que leur entreprise/travail/couple/vie survive à la fin du confinement. Ils se concentrent uniquement sur le futur et n’ont qu’une envie, que ça se termine. Il y a ceux qui n’ont jamais été fans des structures et se contentent de prendre chaque jour comme il vient. Et enfin, il y a le groupe des paralysé.e.s par l’incertitude, qui les empêche de se concentrer. Ces personnes-là finissent assises sur leur lit à étudier chaque détail du mur, incapable d’avancer sans savoir vers quoi elles se dirigent.

Un brin de créativité

Ce dont tu as besoin là, maintenant, c’est de te sentir toi-même à nouveau, de retrouver cet agréable et délicieux sentiment de continuité du soi (self-continuity). Pour faire ça, tu dois continuer à suivre tes routines autant que possible. Quand tu ne peux plus suivre tes routines à la lettre, tu peux les adapter, ou alors en former de nouvelles. Si tu faisais ton sport tous les jeudis à 17h, continue. Oui, la salle est fermée, ça saoule, on sait. Rejoins le mouvement et suis un live. Continue à te préparer et t’habiller le matin. Continue à suivre ton emploi du temps. A défaut de retrouver tes potes en terrasse, trinque avec eux via FaceTime. Si ton emploi du temps « normal » est incompatible avec la situation actuelle, réarrange-le. Et s’il te plaît, donne-toi le temps de t’adapter.

Tu dis tout le temps qu’il n’y a pas assez d’heures dans une journée. Tu es toujours en train de râler que tu manques de temps pour tout et n’importe quoi. Maintenant, tu dis que tu en as trop. Saisis l’opportunité et utilise ces heures pour faire ce dont tu as besoin, que ce soit te lancer à fond dans un projet ou bien te reposer.

Soyons connecté.e.s

Raconte en commentaire comment le confinement a bouleversé tes routines quotidiennes, et comment tu t’habitues peu à peu !

Merci d’avoir lu!
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